Comparatif
Estampilia ou le tableur de traçabilité maison, que choisir
Beaucoup d’ateliers ont monté un tableur solide, souvent un dimanche d’hiver, avec un onglet par année et des colonnes bien pensées. Il rend de vrais services et il ne coûte rien. Le problème n’apparaît pas dans la saisie, il apparaît dans la lecture : le jour où il faut relier une cuve de lait a des cageots partis chez six clients, un tableur oblige a refaire le chemin a la main, a chaque fois.
Le comparatif poste par poste
| Critère | Estampilia | le tableur de traçabilité maison |
|---|---|---|
| Mise en place | Règle de lot et première recette paramétrées en environ une heure | Quelques onglets montés en une soirée, gratuits et immédiats |
| Souplesse | Un cadre fixe, pense pour la transformation fermière | Tout est possible, y compris des colonnes que personne d’autre ne comprendra |
| Lien amont aval | Un lot sélectionné remonte et redescend en une seule opération | Recherches croisées entre onglets, a refaire a chaque alerte |
| Étiquette | PDF conforme généré depuis la recette pesée, formats de rouleaux courants | Aucune, l’étiquette reste dans un autre fichier |
| Ordre des ingrédients | Recalculé par poids décroissant a chaque modification de recette | A refaire a la main, oublié une fois sur deux |
| Allergènes | Mis en évidence, sous-ingrédients des préparations achetées dépliés | Une colonne a remplir, sans contrôle de cohérence |
| Doublons de numéro | Refusés par la règle, les sauts sont signalés | Rien n’empêche deux lignes de porter le même numéro |
| Travail a plusieurs | Un compte par opérateur et une signature sur chaque tournée | Un fichier partage et des versions qui se croisent |
| Jour du retrait | Périmètre chiffré, clients nommés, fiche de notification préparée | Filtres manuels puis reconstitution des destinataires depuis les bons |
| Si la personne qui l’a monté part | Les règles sont écrites dans l’outil, pas dans une tête | Les formules sont rarement documentées et souvent illisibles pour le suivant |
Ce qu’un tableur fait très bien
Un tableur est imbattable pour compter. Suivre des volumes de lait, des rendements de découpe, des stocks de bocaux vides ou une refacturation de créneaux d’atelier : ce sont des colonnes et des sommes, et rien ne fait mieux. Il est gratuit, il s’ouvre partout, il s’exporte, et il accepte exactement les colonnes que vous voulez, y compris celles qui n’existent que chez vous.
Il rend aussi un service réel sur la traçabilité simple, celle qui consiste a savoir ce qui a été fabrique tel jour et en quelle quantité. Tant que la question reste sur une seule ligne, la réponse arrive vite. C’est quand la question passe d’une ligne a un chemin que l’outil montre sa limite, et ce chemin est précisément ce qu’un rappel demande.
Ce qu’un tableur ne sait pas faire, c’est le graphe
Une cuve de lait qui donne de la tomme et des yaourts, une carcasse qui part en terrines et en caissettes, un fût de miel réparti sur trois conditionnements : ce sont des relations, pas des lignes. Un tableur les représente en dupliquant des références d’un onglet a l’autre, et chaque duplication est une occasion de divergence. Au bout d’une saison, plus personne ne sait quelle colonne fait autorité.
La deuxième limite est le contrôle. Un tableur accepte tout : un numéro de lot déjà utilise, une date impossible, un ingrédient dont le poids dépasse le poids total de la recette. Rien ne vous prévient, et l’erreur ne se découvre qu’au moment où elle coûte cher. Un registre qui refuse les doublons et recalcule l’ordre des poids fait un travail que la formule la plus soignée ne fera pas.
Le coût caché des formules maison
Un tableur de traçabilité est un logiciel écrit par quelqu’un de la ferme, sans documentation et sans tests. Il fonctionne tant que son auteur est là. Le jour où cette personne s’arrête, part en congé ou passe la main a un associé, les formules deviennent un objet opaque que l’on n’ose plus modifier. Beaucoup d’ateliers finissent par saisir en double, dans le fichier et sur le cahier, pour ne rien casser.
Il faut aussi compter le temps d’entretien. Ajouter une référence, changer un format de bocal, intégrer un nouveau fournisseur : chaque évolution demande de reprendre des plages, des listes déroulantes et des recherches. Ce temps ne se voit pas parce qu’il se prend le soir, mais il se compte en heures chaque trimestre, et il ne produit aucune étiquette ni aucune fiche technique.
Quand l’alternative reste le bon choix
Si votre tableur tient depuis plusieurs années, qu’une seule personne le tient, que vos références se comptent sur une main et que vos étiquettes sont déjà produites ailleurs, gardez-le. Il ne coûte rien et il fait ce qu’on lui demande. C’est aussi le bon choix pendant une phase de test, quand vous ne savez pas encore quelles matières premières vous allez suivre : écrivez les colonnes dans un tableur, puis figez la règle une fois qu’elle est stable.
Le verdict
Le tableur gagne sur le coût et sur la liberté de forme. Il perd dès que la question devient un chemin : d’où vient ce lot, où est-il parti, qui d’autre a utilise la même matière. Si vous livrez des tiers et que vous produisez des étiquettes, la double saisie entre le fichier et le modèle d’étiquette finira par vous coûter plus cher que l’abonnement, en heures comme en erreurs.
Questions frequentes
- Puis-je récupérer mes onglets existants ?
- Les matières premières, les fournisseurs et la liste des références se reprennent facilement puisque ce sont des colonnes simples. Les recettes demandent une saisie des poids réels, ce que la plupart des tableurs ne contiennent pas : ils gardent des proportions ou des habitudes. Comptez une vingtaine de minutes pour la première recette, moins ensuite, les matières premières se retrouvant d’un produit a l’autre.
- Est-ce que j’aurai encore besoin d’un tableur après ?
- Oui, pour tout ce qui n’est pas la traçabilité : les rendements, les prix de revient, le suivi des ventes par marche. Les données du registre s’exportent en tableur a tout moment, sans demande préalable, ce qui permet de continuer vos analyses habituelles. Le partage des rôles devient simple : le registre porte les lots et les étiquettes, le tableur porte vos calculs.
- Mon tableur gère déjà les numéros de lot, est-ce suffisant ?
- Cela dépend d’une seule chose : est-ce que le numéro est relié aux quantités parties chez chaque client. Si oui, vous avez l’essentiel et il ne vous manque que l’étiquette. Si le tableur enregistre les lots produits mais pas leurs destinations, le rappel restera large, parce que la question posée un vendredi soir n’est pas ce que vous avez fabrique mais qui l’a reçu.
Estampilia ou le tableur de traçabilité maison, que choisir
Le tableur gagne sur le coût et sur la liberté de forme. Il perd dès que la question devient un chemin : d’où vient ce lot, où est-il parti, qui d’autre a utilise la même matière. Si vous livrez des tiers et que vous produisez des étiquettes, la double saisie entre le fichier et le modèle d’étiquette finira par vous coûter plus cher que l’abonnement, en heures comme en erreurs.